Divers, Littérature

décembre 15, 2011

Le libraire George Whitman rejoint Shakespeare

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Le fondateur de Shakespeare and Company, la mythique librairie anglophone en plein cœur de Paris, est décédé ce mercredi 14 décembre. Il avait 98 ans.

La nouvelle du décès a fait le tour de la toile en seulement quelques heures. Ce matin, les sites d’informations, du Parisien au New York Times, annonçaient la perte de ce grand représentant de la littérature anglophone à Paris, désignant sa « légendaire librairie de la rive gauche » parmi les hauts lieux de culture de la capitale.

George Whitman est né aux Etats-Unis, dans le New Jersey. Il a grandi à Salem, puis s’est installé à Paris en 1946. Il a alors ouvert sa librairie, d’abord appelée « Le Mistral », puisqu’une autre librairie anglophone existait déjà à l’époque: l’originale « Shakespeare and Company » tenue par l’américaine Sylvia Beach et où l’on pouvait rencontrer des auteurs comme Hemingway ou James Joyce. C’est à la mort de celle-ci que Whitman renomma son échoppe, en guise d’hommage.

« J’ai créé cette librairie comme un homme aurait écrit un roman et je voudrais que vous en ouvriez les portes comme on ouvre un livre, un livre qui vous entraine dans le monde magique de votre imagination. », disait-il.

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Depuis mercredi, les hommages ne tarissent plus sur ce grand homme qui a concrétisé, avec sa boutique, l’utopie d’un lieu de libre pensée entièrement dédié à la littérature. Shakespeare and Company, en plus d’être une librairie et une petite bibliothèque spécialisées dans la littérature anglophone, est aussi une résidence d’artistes quelque peu atypique. Car George Whitman possédait un véritable don pour faire pousser ses «Tumbleweeds» (mauvaises herbes), ainsi qu’il se plaisait à désigner ses jeunes protégés.

Nul besoin de payer le gîte et le couvert, les écrivains en herbes (bonnes ou mauvaises) n’ont qu’à aider quelques heures par jour à la librairie ou effectuer de menus travaux, réparations ou ménage dans la maisonnée. «Give what you can, take what you need» (donnez ce que vous pouvez, prenez ce que dont vous avez besoin), la devise de George Whitman est toujours inscrite sur le mur de la boutique.

Pour avoir un aperçu de l’ambiance de la petite troupe, et redécouvrir Whitman sous un autre jour, ne manquez pas de (re)voir ce documentaire de 2003. Ça s’appelle «Portrait of a Bookstore as an Old Man», et, comme c’est en anglais, c’est aussi l’occasion de pratiquer la langue de Shakespeare.

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