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octobre 1, 2015

Expo : Vigée Le Brun, peintre de Marie-Antoinette

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Adulée de son vivant, Élisabeth Vigée Le Brun sombre rapidement dans l’oubli après sa mort. Sans doute est-il malvenu au XIXe siècle d’admirer cette royaliste convaincue qui fut la portraitiste de Marie-Antoinette… Puis le temps fait son œuvre et le souvenir de l’artiste disparaît pour de bon. Mieux vaut tard que jamais. Cette année, pour la première fois, la France rend hommage à cette femme d’exception à travers une importante rétrospective. Environ 130 de ses tableaux sont présentés au Grand Palais jusqu’en janvier prochain.

Vigée Le Brun

Portraitiste, Élisabeth Vigée Le Brun a peint les plus grands. Ils sont tous là, réunis dans les vastes salles du Grand Palais comme dans les salons de Versailles en leur temps. D’un réalisme si pointu qu’on s’attend à les voir bouger, qu’on entend presque leurs discussions animées ou leurs rires. L’artiste est là elle aussi, de nombreuses fois représentée au milieu de ces importants personnages. Son sujet de prédilection reste elle-même !

Élisabeth Vigée Le Brun est une mondaine. Elle a compris avant l’heure l’importance du réseau pour lancer sa carrière. Parce qu’elle est douée, parce qu’elle parle bien, parce qu’elle est belle aussi, sa compagnie est très appréciée. Progressivement, la jeune bourgeoise fait sa place à la Cour de France, où elle devient la peintre de la reine. Plus tard, elle parcourra le monde et sera reçue auprès des souverains de toute l’Europe.

Son atout principal, c’est cet art de la flatterie subtile qu’elle maîtrise à la perfection. Elle parvient à mettre en valeur ses modèles, à sublimer l’éclat d’une prunelle ou gommer discrètement la proéminence d’un nez. Ce qui séduira la reine, qui a les traits caractéristiques de la famille Hasbourg (yeux légèrement globuleux et menton prognathe) et se désespère devant chacun de ses portraits.

L’exposition se déroule sur plusieurs pièces, chacune dédiée à une thématique différente : formation, consécration, famille royale, etc. Il s’agit de montrer l’œuvre : la délicatesse infinie du trait, le réalisme des matières, la lumière et le mouvement caractéristiques ; mais aussi de faire découvrir au visiteur le parcours hors norme de Vigée Le Brun. Son combat pour se faire sa place en tant que femme et en tant qu’artiste, son incroyable ascension sociale, sa bravoure qui la mènera sur toutes les routes d’Europe. Au niveau historique enfin, le destin d’Élisabeth Vigée le Brun est particulièrement intéressant. Elle a vécu entre deux siècles, son regard est avant tout le miroir d’une période de très fortes mutations politiques et artistiques.

Le deuxième étage est consacré à la deuxième partie de sa vie, après la rupture historique de la révolution et la fuite à travers l’Europe de la mondaine qui craint pour sa tête. Une fin de siècle empreinte de mélancolie dont l’ambiance si particulière se retrouve dans ses tableaux. Jusqu’à la fin, Élisabeth Vigée Le Brun restera nostalgique de la monarchie : « Les femmes régnaient alors », peut-on lire dans sa correspondance, « la Révolution les a détrônées. »

 

Exposition Vigée Le Brun au Grand Palais du 23 septembre 2015 au 11 janvier 2016.

À ne pas manquer sur Arte : Le fabuleux destin d’Élisabeth Vigée Le Brun samedi 3 octobre à 20h50.

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