Articles, Cinéma, Histoire

septembre 19, 2017

TV : « Vietnam », série évènement

Étiquettes : , ,

Vietnam, série documentaire de Ken Burns et Lynn Novick, 9x52min, diffusion les 19, 20 et 21 septembre sur Arte.  

En 1941, un homme franchit la frontière vietnamienne, de retour d’un exil de trente ans durant lequel il a voyagé à travers le monde. La même année, il prend le pseudonyme de « Hô Chi Minh » (qui signifie « Celui qui apporte la lumière »). Pour l’heure, il reste dans l’ombre, caché dans une grotte à deux pas du village de Pác Bó, dans le nord du pays. Mais rapidement il réunit les opposants à la colonisation française et fonde le Front de l’indépendance du Vietnam (Viêt-minh). Quatre ans plus tard, il devient président de la République démocratique du Vietnam et repousse les forces françaises. En 1954, les négociations de paix aboutissent à la partition du pays en deux États : dans le Nord, le gouvernement communiste de Hô Chi Minh ; dans le Sud, celui du président Ngô Dinh Diêm, soutenu par les Américains. Le terrain est prêt, et tous les pions bien en place, pour qu’éclate la guerre.

Quarante ans après la fin du conflit, les réalisateurs Ken Burns et Lynn Novick, révélés par leurs documentaires sur l’histoire des États-Unis ( The War Prohibition ), lèvent le voile sur les tabous de cet épisode sanglant. Dans une imposante fresque documentaire, ils reviennent en détail sur les événements, depuis la colonisation française et la première guerre d’Indochine (1946-1954) jusqu’au retrait des troupes américaines et la réunification du pays, en 1975. Près de trente ans de soulèvements qui ont causé la mort d’un million de soldats nord-vietnamiens et de combattants viêt-congs, de deux millions de civils, de dizaines de milliers de victimes laotiennes et cambodgiennes et près de 60 000 Américains.

Pour le Vietnam, c’est la plus violente guerre civile de son histoire et l’aboutissement d’un siècle de lutte pour l’indépendance. Du côté des États-Unis, ce conflit constitue la plus grande fracture depuis la guerre de Sécession, une rupture culturelle et politique aux traces toujours visibles, et la remise en question du sacro-saint sentiment patriotique. Des deux côtés, le traumatisme est tel qu’en dehors de la propagande étatique on a tu les blessures pendant plusieurs décennies.

Pacifier au napalm

Des centaines de témoignages collectés par Ken Burns et Lynn Novick au Vietnam et aux États-Unis auprès d’anciens Viêt-congs, de soldats sud-vietnamiens, de marines, d’opposants à la guerre, de civils, de journalistes composent la manne de cette série documentaire. Une mine d’or, fruit de six longues années de travail, sur laquelle viennent se greffer des images d’archives rares, qui vont du film amateur aux clichés des meilleurs photographes de l’époque, en passant par les enregistrements des conversations officieuses de Kennedy, Johnson ou Nixon. Sur les ritournelles de Dylan, des Stones ou des Beatles, on embarque à bord des hélicoptères, on se faufile dans les tunnels des Viêt-congs, on pleure avec les civils sacrifiés sur l’autel des nationalismes. On découvre aussi le gouffre entre les discours officiels et les conversations intimes, les manipulations politiques et les stratégies militaires. (…)

 

Lire la suite de cet article dans le numéro 849 du magazine Historia (septembre 2017) ou sur Historia.fr

Laisser un commentaire