Art, Divers, Interviews

novembre 24, 2011

Trois questions à Marc Bellini, photographe

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[Suite à l’intervention de la société PHOTOMATON® marque déposée (voir en commentaire), nous avons dû remplacer dans le texte suivant le nom de la marque par l’expression générique « cabine photographique » ou « cliché de cabine photographique » selon le cas. Merci de votre compréhension.]

 

 

« Des allumettes, prêtes à mettre le feu à la rue »


Marc Bellini a de multiples visages : éditeur, réalisateur et enseignant aux arts décoratifs il se définit avant tout comme photographe. Son concept, sous cette dernière casquette, c’est l’utilisation et le détournement intempestifs de [la cabine photographique]. Il nous parle aujourd’hui d’une de ses œuvres en particulier, des allumettes fleuries essaimées dans la ville : les soliflores

Que sont les soliflores ?

Il s’agit de compositions florales imprimées à taille humaine. À ma taille précisément, car le [cliché de cabine photographique] a un lien étroit avec l’identité. J’ai joué le colleur d’affiches et placardé les soliflores dans la ville. Quand je prends la fleur en photo, je la cueille et ne la laisse pas mourir. Je la fais vivre un peu plus longtemps. Je porte beaucoup d’intérêt aux fleurs et je me sens lié à l’herboristerie de par mes origines foraines (car vous savez qu’avant la pharmacologie, on trouvait les onguents et les plantes médicinales sur les foires). D’un autre côté, j’ai grandi dans une cité, en Seine Saint-Denis. Dans un paysage urbain que me rappelle le [cliché de cabine photographique]. J’y vois une tour de quatre étages. Toutes ces notions s’entremêlent et les soliflores fleurissent la ville tout en jouant avec le temps.

S’agit-il de street-art ?

Oui, j’ai longtemps fait des graffs mais après deux arrestations, je me suis dit qu’il me fallait trouver autre chose ! Les soliflores sont une autre forme d’empreinte et leur caractère urbain avait sa place dans la rue. D’ailleurs, j’utilise une technique de repiquage : je reproduis la même image souche pour faire des boutures. Un synonyme du mot repiquage est « marcottage », comme je m’appelle Marc je me le suis approprié ! Je fais donc du marcottage et pour ce faire, j’ai choisi dans un premier temps la sérigraphie qui correspond à l’aspect urbain, car elle est utilisée pour les affiches. Mais c’est un procédé long et difficile, j’ai donc contourné ce problème en investissant dans des bombes de peinture qui laissent transparaître l’image. Comme ça, je ne m’éloigne pas du graff et du street-art. Mes soliflores avec la case du haut peinte en rouge ressemblent à des allumettes. Elles ne sont pas allumées, mais elles sont là, prêtes à mettre le feu à la rue.

« Mettre le feu à la rue »… Quelle revendication(s) politique(s) se cache(nt) derrière tout cela ?

Je suis très engagé et mon œuvre a une grande dimension sociale et politique. Je suis en colère contre nos dirigeants et contre cette société extrêmement dure et retorse. J’essaie seulement de l’exprimer avec légèreté. Mes allumettes sont prêtes à être enflammées, elles attendent mais ce n’est pas encore l’incendie.

Marc Bellini a récemment exposé à la Bellevilloise à l’occasion du salon photo-off. Si vous l’avez manqué, restez attentifs : vous croiserez certainement une de ces allumettes florales dans les rues de Paris ou parmi les méandres de la toile.

Propos recueillis par Clémentine Baron.

6 thoughts on “Trois questions à Marc Bellini, photographe

  1. Objet: Usage de la marque PHOTOMATON® de la société PHOTOMATON

    Bonjour,

    Nous vous contactons au nom et pour le compte de la société PHOTOMATON dont nous sommes les conseils en propriété industrielle.

    La société PHOTOMATON jouit d’une très importante notoriété dans le domaine des cabines photographiques et capitalise sur la dénomination PHOTOMATON® depuis de nombreuses années.

    Nous vous rappelons en ce sens que PHOTOMATON® est une marque déposée et enregistrée au nom de la société PHOTOMATON depuis 1949.

    En conséquence, nous vous rappelons que la marque PHOTOMATON® ne constitue pas la désignation générique des cabines photographiques et nous vous demandons de ne pas l’utiliser comme telle.

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