Cinéma

novembre 10, 2011

Tintin + Spielberg = ?

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Il m’a fallu du temps pour me décider à aller voir Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne. Du temps et un week-end en famille, où je me suis laissée convaincre par un paternel en quête de réminiscences.

Il faut dire que Tintin, c’est toute son enfance et celle de son père avant lui, puisque notre reporter à la houppe est né en 1929. Ainsi, depuis plus de 80 ans, les aventures imaginées par Hergé enflamment les jeunes esprits. Des générations de gamins se sont émerveillé devant On a marché sur la Lune (tellement novateur, précurseur, blablabla) et d’autres générations ont flippé devant la malédiction des Sept boules de cristal (moi la première !).

Sapristi !

Voilà donc la clef de l’énigme et le secret du succès : Tintin a depuis bien longtemps déjà conquis son public. Pour Spielberg le travail était prémâché et une foule de fans prête à bondir en salle au premier coup de sifflet. Une audience allant véritablement de 7 à 77ans, voir plus.

Si le film est visuellement magnifique et conforme à l’esthétique d’Hergé, il manque pourtant quelque chose…. Peut-être justement plus d’adaptabilité à ce très large public, composé finalement d’un plus grand nombre d’adultes que d’enfants. Spielberg aurait pu orienter son scénario et le rendre plus mature, plus fouillé. Réduire peut-être certaines fidélités à la BD qui agacent tout autant à l’écran (comme la naïveté du héros ou encore sa fichue manie de décrire ses moindres faits et gestes) mais surtout, le réalisateur des Aventuriers de l’arche perdue aurait pu s’abstenir de faire du jeune Tintin le nouvel Indiana Jones ! Ainsi, Tintin est transfiguré en homme d’action, plus proche du super héros américain que du personnage original, plutôt passif.

Bien joué, Milou !

Le film reprend plusieurs albums de la série : Le Secret de la Licorne bien sûr, mais aussi Le Crabe aux Pinces d’Or et Le Trésor de Rackham le Rouge. On y retrouve tous les personnages clefs de la bande dessinée, des Dupondt à la Castafiore

Tous ? Non… Un irréductible absent se fait cruellement regretter : vous avez deviné, nous parlons de notre bon vieux Tryphon Tournesol. Heureusement, l’absence du génial professeur est compensée par la présence encore plus géniale d’un certain roquet de renom, j’ai nommé… Milou !

Égérie de l’adaptation de Spielberg, Milou est plus que réussi. Expressif, drôle, plus intelligent que tous, il résout les énigmes à lui seul, empêtré plus qu’autre chose par les manœuvres de son piètre maître.

Bilan de l’aventure :

Dans l’ensemble, on a bien apprécié ce petit retour en enfance, mais aussi les quelques subtilités discrètes et pertinentes : par exemple, on aperçoit Hergé et Spielberg à plusieurs reprises, on devine la référence aux Dents de la mer en voyant Tintin nager, toute mèche dehors et encore d’autres clins d’yeux complices qui auraient pu être accentués, selon moi.

Malgré tout, et en dehors de la prouesse technologique de la motion capture mêlée à la 3D, Le Secret de la Licorne reste un objet un peu bâtard, quelque part entre le simple film pour enfants et le blockbuster hollywoodien (Haddock ne brandit-il pas un bazooka à un certain moment ?!). Finalement, Spielberg n’utilise pas tout le potentiel que l’on aurait pu tirer d’une telle adaptation. On en sort satisfaits, mais sans plus et s’il n’y a rien à redire, il n’y a finalement pas non plus grand-chose à en dire.

2 thoughts on “Tintin + Spielberg = ?

  1. Je partage ton avis. Malgré la volonté de rajouter de l’action pour que le film soit moins ennuyant que les bandes-dessinées, les rebondissements s’enchainnent à une telle vitesse qu’on se lasse…

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