Articles, Cinéma, Histoire

février 20, 2017

Sélection du mois : DVD

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Infiltrator, Brad Furman, 122min, Universal, Blu-Ray et DVD 19,99 euros.

Dans la Floride des années 80, tous les chemins mènent à Pablo Escobar, à condition d’éviter le moindre faux pas… C’est ce que va tenter l’agent fédéral Robert Mazur. Pendant trois ans, il entre dans la peau de Bob Musella, riche homme d’affaires corrompu, et infiltre le cartel de Medellin. Basé sur l’autobiographie du véritable Robert Mazur, le thriller de Brad Furman garde un rythme plutôt lent, sans se laisser emporter par les torrents de violences auxquels le genre nous a habitués. Il se focalise sur l’envers du décor : les relations qui se nouent et se dénouent entre les protagonistes et les répercussions sur leur vie privée, même si l’angoisse reste palpable tout au long de l’intrigue. Non dénué de qualités, le film est surtout porté par les prestations de Bryan Cranston, Diane Kruger et John Leguizamo, tous très convaincants.

 

La Danseuse, Stéphanie Di Giusto, 1h52, Wild Side, Blu-ray et DVD 19,99 euros

Si le nom de la danseuse Isadora Duncan est resté dans les mémoires, celui de son aînée Loïe Fuller est moins connu. Pourtant, dans le Paris de la Belle Epoque, c’était elle LA danseuse. Pour son premier long-métrage, Stéphanie Di Giusto réveille le fantôme – de draps blancs vêtu – de l’artiste née en Amérique et révélée aux Folies Bergères au début des années 1900. Bien vite érigée en icône du symbolisme, Loïe Fuller fit rêver Mallarmé et Toulouse-Lautrec avec sa mystérieuse « danse serpentine ». La réalisatrice prend beaucoup de libertés avec l’histoire, mais l’on s’entiche vite de son héroïne dont la fragilité rivalise avec la rage et l’ambition. Les scènes de danse, sublimées par le jeu de lumières, sont l’occasion de plans très esthétiques. Le spectateur ne peut qu’être subjugué par l’énergie et la grâce de Soko (dont on salue la performance réalisée sans doublure). À la beauté se mêle la douleur, physique d’abord, mais aussi psychologique, lorsque survient une nouvelle venue : Isadora Duncan, interprétée par Lily-Rose Depp. Tandis que Fuller mise tout sur l’artifice, Duncan réinvente la danse par un retour au naturel. Les deux femmes symbolisent deux générations, deux styles de danse, deux conceptions de l’art que tout oppose.

 

Médicis : les maîtres de Florence – saison 1, série de Frank Spotnitz et Nicholas Meyer, coffret DVD, 8 x 60 min, Wild Side, 30 euros.

Dans la mouvance des fictions historiques, une série manquait sur la famille Médicis. L’opérateur SFR comble cette lacune avec sa première série originale, imaginée par Frank Spotnitz et Nicholas Meyer. Cette co-production internationale retrace la fulgurante ascension des banquiers florentins, plus puissants de pères en fils, jusqu’à devenir la première dynastie à régner sans couronne. L’intrigue comme la mise en scène ne sont pas sans évoquer la série Borgia de Tom Fontana, mais sans en atteindre l’intensité dramatique. S’il n’hésite pas à s’écarter de la trame historique pour ajouter quelque enjeu narratif, le scénario reste d’un classicisme borné, jusqu’à friser le cliché. « Il n’est pas évident d’intéresser le grand public à l’histoire d’une famille de banquiers du XVe siècle » se défend Frank Spotnitz. Cependant, les aventures des Médicis, toutes en intrigues et complots, auraient dû apporter suffisamment d’eau à son moulin. On se laisse malgré tout convaincre par Richard Madden (le Robb Stark de Game of Thrones) en Cosimo Médicis et Dustin Hoffman en patriarche de la famille. Un casting de choix qui évolue dans les monuments emblématiques de la Renaissance italienne, du Palazzo Vecchio à la cathédrale Santa Maria del Fiore dont la construction est au cœur de l’intrigue.

Retrouvez ma sélection TV/DVD dans le n°842 du magazine Historia (Février 2017)

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