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mars 15, 2015

Sélection du mois : CD et DvD

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slavery in americaSlavery in America. Redemption songs 1914-1972, Bruno Blum (dir.), Frémaux & Associés, 3 CD, 29, 99 euros.

Pour survivre à l’esclavage, aux coups de fouets du maître ; pour tenir le coup loin des siens, résister à la fatigue des longues journées dans les champs de coton, il y avait la musique et la foi. L’une chantant souvent l’autre. Ce coffret aborde trois aspects des musiques issues de l’esclavage aux États-Unis. Le premier disque nous fait découvrir les chansons de travail aux rythmes réguliers et encourageants ; le second les airs de liberté au lendemain de l’abolition ; quand le troisième, plus ambigu, a pour thème la « ségrégation raciale et l’esclavage moderne », parce qu’il existe encore aujourd’hui « des millions de personnes forcées à la servitude », nous rappelle Bruno Blum dans le livret très complet préfacé par Christiane Taubira.

879-listingElles étaient en guerre. 1914-1918, Fabien Beziat et Hugues Nancy, Koba films, 90 min, DvD 14.99 euros.

« À nos pères », « à nos époux », « à nos fils »… Dans la mémoire collective, la guerre est une affaire d’hommes. Pourtant elles ont fait la guerre aussi, toutes ces femmes, épouses, sœurs, filles de soldats qui devaient tenir l’arrière, organiser le travail pour que la vie ne s’arrête pas, maintenir l’effort de guerre. Elles sont allées aux champs, ont manié la charrue, ont pris la place des hommes dans les usines et les bureaux. Beaucoup sont mortes pour leur patrie sans aucune reconnaissance posthume : les « munitionnettes » ont travaillé pour l’armée pendant toute la durée du conflit, se cassant le dos, respirant des gaz toxiques, se tuant littéralement à la tâche ; des espionnes recrutées à l’arrière ont été fusillées par l’ennemi ; même les pacifistes recevaient un traitement identique dans leur propre pays. Par le biais d’impressionnantes images d’archives colorisées, Fabien Beziat et Hugues Nancy nous mènent à la rencontre de ces anonymes, parmi lesquelles seuls quelques noms demeurent : Marie Curie, Edith Wharton, Mata Hari ou Rosa Luxembourg… Institutrices, scientifiques, syndicalistes risquant leurs vies, elles sont les combattantes de l’ombre.

Retrouvez ma sélection dans le n° 817 du magazine Historia (Décembre 2014)

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