Art, Articles, Histoire, Reportage

août 24, 2014

Quimper, la cité-cathédrale

Étiquettes : , , ,

Capture d’écran 2014-09-13 à 16.29.05

Fondée par un roi, agrandie par les évêques, embellie par son peuple. Fidèle à ses ducs, elle vit, pendant six cent ans, au son des pics et des pioches, afin de s’offrir un joyau de pierre : la cathédrale de Saint-Corentin.

Selon la tradition, chaque nouvel évêque de Cornouaille fait une halte à l’église de Locmaria, avant de remonter le cours de l’Odet jusqu’à la rue Sainte-Catherine. L’homme de Dieu traverse alors le fleuve pour s’engager dans le centre historique de Quimper. Devant lui s’ouvre la place Saint-Corentin, un concentré d’histoire, des maisons à pans de bois du XVIe siècle aux Nouvelles Galeries (inaugurées en 1900 sur le modèle des grands magasins parisiens) en passant par le palais épiscopal, résidence de l’évêque depuis le XVIIe siècle et, bien sûr, la cathédrale, qui s’élève à l’entrée de la place, imposante dame de granit à la fois massive et élégante avec sa robe gothique et son chapeau de flèches culminant à presque quatre-vingts mètres de haut. Quelle est fascinante la vieille cathédrale somptueuse et tordue, superbement bizarre ! Il faut dire qu’elle a vécu, étalant sa construction sur près de sept siècles, entre le lancement du chantier en 1239 et la pose des flèches en 1858.
La cathédrale illustre symboliquement la genèse de la ville, pourtant Quimper est bien plus vieille : Autour de l’an I de notre ère, pendant le règne de l’empereur Auguste, le site de Locmaria abrite déjà une petite ville portuaire, qui vit de l’artisanat et du commerce des poteries (le lieu était prédestiné !). Sans que l’on n’en sache vraiment la raison, le site est abandonné vers la fin du IIIe siècle.

Capture d’écran 2014-09-13 à 16.43.06

Quimper-Corentin
Il est difficile d’établir précisément la reprise de la ville. Le premier texte qui en fait mention, La vie de Saint Corentin, rédigée en 1235, situe la fondation de Quimper autour du Ve ou VIe siècle et l’attribue au roi Gradlon, souverain de la légendaire cité d’Ys.
On raconte qu’il bâtit cette ville fabuleuse (Ys) pour le simple plaisir de sa fille, la belle Dahut à laquelle il ne pouvait rien refuser. Celle-ci y mène une vie de jouissances, mais un jour, elle se laisse séduire par un mystérieux chevalier qui lui demande de dérober à son père les clefs de la ville. Elle obtempère. Le bellâtre, sous les traits duquel se cachait bien sûr le diable, ouvre alors les écluses qui protégeaient la cité de la mer toute proche. Ys est aussitôt engloutie, entraînant avec elle l’imprudente princesse. Gradlon parvient à fuir sur son cheval Morvac’h et se réfugie à Quimper où il se fait construire un château. L’emplacement idéal, au confluent du Steïr et de l’Odet, lui rappelle son ancienne cité sur la mer ; il fait de Kemper (« le confluent » en breton) sa nouvelle capitale.
La naissance de la vocation religieuse de la cité s’inscrit dans le prolongement de la légende : des années plus tard, lors d’une partie de chasse, le roi se perd dans la forêt. Il tombe par hasard sur l’ermitage de Corentin, qui l’accueille et réalise devant lui un miracle : chaque jour le moine pêche un poisson dont il coupe la moitié pour se nourrir avant de rendre l’autre moitié à la rivière et chaque jour le même poisson revient, en entier ! Reconnaissant la puissance divine, Gradlon décide de nommer Corentin premier évêque de Cornouaille et lui offre son château, afin qu’il bâtisse à son emplacement une cathédrale.

Lire le dossier complet dans le magazine Historia n° 811 (juillet 2014)

Laisser un commentaire