Cinéma

avril 28, 2011

Pina, Wim Wenders

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S’il est un film à voir au cinéma et en 3D, c’est bien Pina, de Wim Wenders.

Entre spectacle et documentaire, ce film réalisé en plus de vingt ans présente sous un jour nouveau le travail de la chorégraphe allemande Pina Bausch, décédée en juin 2009.

Pina Bausch, qui a révolutionné la danse en osant présenter des corps brisés, des « faux mouvements », gestes cassés ou inattendus. Privilégiant la beauté de l’expression à celle de la rigueur ; l’expression primitive, jusqu’à la magnifier.

Sans distinction aucune, ses danseurs sont de toutes les origines, toutes tailles et tout âges. Pina Bausch adapte la danse au corps et non le corps à la danse. Ainsi, elle conçoit ses pièces en fonction de la morphologie mais aussi de la psychologie de chacun des membres de la troupe. Cheveux flottants et robes longues : le corps est libre. Libéré.

« Tu es la plus fragile, c’est là ta force », disait-elle à l’une, lui confiant sur scène un long solo plein de fougue contenue. « Danse pour l’amour » conseillait-elle à l’autre, encore trop enfermé dans le carcan des règles imposées par la danse qu’il connaissait, avant.

Avec Pina Bausch, la danse se fait théâtre, racontant le désir, la colère, la peur, l’amour, le manque ou la rupture…  Moderne, déjà à ses débuts ses chorégraphies défiaient l’imaginaire, puis elles introduisaient du théâtre sur scène, enfin elles sortaient carrément de la scène, dansant la vie dans les lieux du quotidiens. Aujourd’hui le travail de Pina franchit un pas de plus en s’appropriant les nouvelles techniques de la 3D.

Wim Wenders et elle travaillaient sur ce film depuis vingt ans déjà, mais le réalisateur ne parvenait pas à rendre compte à travers une caméra du travail si particulier de la chorégraphe. Lorsque la 3D est apparue, il a tout de suite compris que c’était cela qui lui manquait. Mais alors Pina est morte et le film a failli en rester là. C’est sous l’insistance des danseurs de la troupe que le tournage a repris et le film sur Pina est devenu un film pour Pina. Chaque contribution, chaque saynète ajoutée est un hommage, un cadeau posthume et fait naître une forme nouvelle qui n’aurait certainement pas déplu à la chorégraphe.

Voilà le potentiel insoupçonné de la 3D, faire du spectacle au cinéma

La 3D permet de vivre la danse autrement, grâce à un certain angle de vue, un zoom sur un visage tendu de concentration ou épanoui d’extase, une main au doigt fins levés vers le ciel. Mais au-delà, permet de véritables mises en scènes. Avec Pina, on l’a dit, on danse partout et la danse entre dans la vie quotidienne.  Sur scène mais aussi dans la rue, dans le métro aérien de Wuppertal, dans la forêt, les pieds dans la rivière et jusque sur le grand canyon. « Les éléments sont comme des obstacles contre lesquels nous devons danser ». L’eau, la terre, les pierres… tout est source d’inspiration.

« Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus… » disait-elle.

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