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décembre 31, 2016

Petite histoire du jour de l’an

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Dans notre société occidentale, la célébration du jour de l’an le 1er janvier semble être une évidence. Pourtant il n’en a pas toujours été ainsi.

Les Romains célébraient la nouvelle année le 1er mars. Les noms des mois de l’année gardent d’ailleurs la trace de cet ancien calendrier. Ainsi, étymologiquement, septembre, octobre et novembre sont respectivement le septième, huitième et neuvième mois. Cependant, depuis 153 avant J.C., le jour d’investiture des consuls était fixé au 1er janvier, et l’habitude fut prise de parler d’« année consulaire ». Jules César, tandis qu’il met en place le calendrier Julien en 46 avant J.C., décide donc en toute logique de fixer le début de l’année au 1er janvier.

Dès lors, le jour de l’an fut associé au culte de Janus, le dieu aux deux visages, l’un tourné vers le passé et l’autre vers l’avenir. Il est le dieu des portes et des commencements, une symbolique qui s’accorde parfaitement avec le renouveau du cycle des saisons et l’idée de « reprise du temps à son commencement », qui définit le Nouvel An selon Mircea Eliade. Les rituels se composaient donc de prières et d’offrandes à la divinité, accompagnées de sacrifices animaliers. Déjà à l’époque, cette journée était l’occasion d’échanger des vœux de prospérité et de bonheur pour les mois à venir. Quelques siècles plus tard, en 1582, le pape Grégoire XIII fait légèrement retoucher le calendrier pour qu’il corresponde mieux aux mouvements du soleil. Ce calendrier, dit « grégorien », est celui que l’on utilise aujourd’hui dans la plupart des pays du monde.

En France, la date du 1er janvier comme jour du début de l’année n’est instaurée qu’au XVIe siècle ! Auparavant, l’année commençait selon les régions et les époques, soit à Noël, soit le jour de Pâques. Ce n’est qu’en 1564 que l’édit de Roussillon, décidé par Charles IX, fixe une fois pour toutes la célébration du Nouvel An au 1er janvier. Fête du renouveau, de l’espoir et des bonnes résolutions pas toujours tenues, les célébrations commencent en réalité la veille au soir, le 31 décembre. Pendant la nuit de la Saint-Sylvestre, les hommes fêtent comme il se doit la fin de l’année et le commencement de la suivante. Le réveillon de la Saint-Sylvestre a beaucoup de similitudes avec celui de Noël, abondance de mets, tolérance des excès, mais il est plus volontairement passé entre amis que celui du 24 décembre, réservé à la famille. À minuit, explose le « vacarme cérémoniel », d’après l’expression de l’ethnomusicologue Claudie Marcel-Dubois. On crie, on fait éclater des pétards, on klaxonne, un rituel peut être hérité d’une ancienne tradition visant à faire fuir les démons. En France, on s’embrasse aussi sous le gui, un geste qui symbolise la paix et la prospérité.

Étonnant syncrétisme de plusieurs cultes païens, beaucoup ignorent le sens primitif des rituels du Nouvel An. Pourtant, c’est l’une des cérémonies les plus codifiées du calendrier, et personne ne songerait à manquer la fête !

 

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