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juin 5, 2014

Les trésors oubliés du Débarquement

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Soixante-dix ans après le débarquement en Normandie, l’éditeur de logiciel de 3D Dassault Système donne une nouvelle vie au port artificiel d’Arromanches.

Cette infrastructure titanesque imaginée par les Alliés pour ravitailler la France en munitions au lendemain de l’assaut, reprend forme grâce à la 3D, accompagnée de ses deux inventions phares : la barge de débarquement LCVP et le planeur Waco CG4A.

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Depuis des mois tout est scrupuleusement étudié pour donner aux Alliés le plus de chances de réussite.
La date, 5 juin 1944, a été choisie pour profiter des faveurs d’une météo printanière : mer calme et lune suffisamment ronde pour éclairer discrètement l’arrivée des troupes. En dépit de toutes ces prévisions, la chance n’est pas au rendez-vous et la météo est si mauvaise que l’opération doit être reportée au lendemain. Le 6 juin, le temps ne s’annonce guère meilleur. Au moins, les Allemands ne se doutent de rien. Ils n’imaginent pas leurs ennemis assez fous pour débarquer dans de telles conditions. Pourtant la décision est prise, il n’est plus temps de reculer. Eisenhower, alors général des forces alliées, souhaite une dernière fois « bonne chance » à ses hommes, le jour le plus long peut commencer…

Un peu après minuit, le premier assaut aérien est lancé. Des milliers de parachutistes sont largués au-dessus de la Normandie, succédés par des planeurs tractés par avion, puis lâchés à proximité des côtes. Quelques heures plus tard, les plages sont envahies de soldats, débarqués dans des barges spécialement conçues pour l’occasion, et dès les jours suivants, on s’attèle à construire deux ports artificiels pour acheminer l’artillerie lourde. Une logistique et une organisation à peine imaginables sont déployées, seules garantes du succès de l’opération.

Nous connaissons bien les faits, les images véhiculées par les documentaires ou les fictions, mais nous n’avons qu’une conscience infime des trésors d’ingénierie qui ont été mis en place. Dassault Système, éditeur de logiciels de 3D, s’est intéressé au patrimoine industriel hérité du débarquement. Dans le cadre d’une collaboration avec France 3 et la société de production MC4 pour la réalisation du documentaire Ils ont inventé le débarquement, ces spécialistes de la réalité virtuelle ont reconstitué en 3D le port artificiel d’Arromanches et ses perles technologiques.

Près de 70 000 soldats entassés dans des « boites à sardines »

Ils se sont penchés en particulier sur deux véhicules emblématiques de l’opération : le WACO CG4A, un des planeurs qui ont été les premiers à débarquer, et la barge LCVP, cette « boite de sardines » qui emmena sur les plages des milliers d’hommes.

Au matin du débarquement, les conditions météo sont déplorables. Entassés dans les barges par trentaines, les hommes affrontent un ennemi inattendu : le mal de mer. À cause de leur légèreté, ces petites embarcations de bois sont malmenées par la tempête, les vagues passent au dessus des bords et arrosent copieusement les soldats. Pour luter contre la nausée et économiser leurs forces, on leur a conseillé de mâcher du chewing-gum – piètre remède. Ils n’ont aucune visibilité, cachés derrière la porte frontale, quasiment la seule partie métallique du véhicule, qui fait office de protection blindée lors du trajet jusqu’à la plage. Cette lourde passerelle s’ouvre de son propre poids dès l’accostage, fonctionnant comme un pont-levis, elle vomit son chargement humain avant de repartir en sens inverse. 

Lire la suite de l’article dans le magazine Historia n°809 (mai 2014)

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