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juillet 4, 2015

Les trésors cachés du patrimoine : Notre-Dame de Bordeaux

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La ville de Bordeaux regorge de bien des surprises. Avec un peu de chance, si l’on se promène dans le lacis des rues entre les Quinconces et le Grand Théâtre, on tombe sur la petite place du Chapelet où l’église Notre-Dame se tient tapie comme un gros chat. Massive, douce et ronde, la matrone au teint d’ocre ouvre grands ses bras pour accueillir le peuple en son sein.

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Un visage souriant

Sa façade est un chef-d’œuvre de l’art baroque comme on en trouve peu en France. Un faste de sculptures et de colonnades s’étale sur deux niveaux séparés d’une frise à décors de rinceaux. Au « rez-de-chaussée », trois portes rectangulaires évoquent la trinité et encadrent un assortiment de statues et de bas-reliefs. L’étage supérieur, plus étroit, est percé en son centre par une vaste fenêtre, et agrémenté de médaillons représentant les papes et évêques dominicains. Dans une multitude de détails propre au style baroque, les formes semblent parfois s’opposer : volumes arrondis et surfaces planes, spirales et frontons triangulaires.

On a souvent comparé Notre-Dame de Bordeaux au Gesù à Rome. Difficile en observant la façade, mais aussi l’architecture globale du monument, de ne pas faire le lien. Notre-Dame a vu sa première pierre posée en 1684, en plein âge d’or du baroque, mais son histoire commence bien avant…

Chassés par la trompette

Au début du XIIIe siècle, les frères Dominicains s’installent au nord de Bordeaux. À peine deux siècles plus tard, une forteresse s’érige tout près de leur couvent : le château Trompette, sur l’actuelle esplanade des Quinconces, chargé officiellement de défendre la ville nouvellement acquise contre les Anglais, mais officieusement de surveiller et contrôler les Bordelais dont on se méfie fort. Nouveau pas de géant à travers les siècles : en 1675, les révoltes populaires se multiplient dans l’ouest de la France. Bordeaux ne fait pas exception. Les « émotions », comme on appelait les manifestations, sont de plus en plus violentes. Louis XIV craint de se faire déborder par le peuple et décide alors de faire agrandir le château Trompette. Pour cela, il faut raser les quartiers alentour, y compris le couvent des dominicains. C’est chose faite dès 1678.

Expropriés, les religieux s’éloignent d’à peine cinq-cents mètres et s’attèlent à reconstruire leur couvent. Cette fois, ce sont les Récollets qui leur cherchent noise. À cause de la proximité de la nouvelle chapelle, ils craignent la concurrence. Ils étaient là les premiers ! Finalement, on trouve un compromis : la chapelle du couvent dominicain sera orientée vers l’Est, contrairement à la tradition de l’époque. Ainsi, on y entrera par la place du Chapelet créée pour l’occasion. C’est un moyen de leur tourner le dos, sans faire de l’ombre aux Récollets !

Lire la suite de l’article dans le magazine Historia n° 823 (juin 2015).

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