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décembre 17, 2014

Le Monstre, de Serge Doubrovsky

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Le Monstre, DoubrovskyIl est inquiétant, imposant, presque dangereux… Mais si vous vous risquez à en tourner la première page, Le Monstre vous happe et vous retient en son verbe grouillant : près de 1 700 pages des tapuscrits originaux de Serge Doubrovsky, 86 ans, connu pour avoir conceptualisé l’autofiction.

Le livre surprend par sa modernité radicale, alors même que le texte date des années 1970. « Je redécouvre ce texte en même temps que vous », affirme l’auteur, qui en avait oublié le contenu. « Je le considère écrit par un autre, et le critique littéraire en moi est là pour juger, remarquer ses réussites et ses faiblesses. Il y a un livre célèbre de Paul Ricoeur qui s’appelle Soi-même comme un autre. C’est exactement cela. »

À l’origine de ce récit, Serge Doubrovsky cite deux événements : d’abord les dix mois qu’il a passés enfermé seul dans une pièce, adolescent, caché pour échapper à la déportation. C’est pendant cette période qu’il a commencé à écrire : « La littérature a été mon salut. » Mais c’est la mort de sa mère, en 1968, qui l’a véritablement poussé vers l’autofiction. « Je ne m’y attendais pas du tout, j’étais anéanti. Alors je suis entré en analyse et j’ai commencé à noter mes rêves. Comme dit Freud : « Depuis que j’ai découvert l’inconscient, je me trouve très intéressant. » C’est exactement ce qui m’est arrivé : d’un seul coup, une matière romanesque se dégageait. » Au fil des années, cette matière a pris la forme d’un livre, mais l’éditeur s’est effarouché devant cette montagne de feuillets. Le Monstre a dû subir d’importantes amputations, se polir, se civiliser. C’est ainsi qu’en 1977 paraît un roman d’environ 500 pages (« une plaquette » !) intitulé Fils, dans lequel apparaît pour la première fois le terme « autofiction ». Suivra notamment Le Livre brisé (1989), dans lequel Serge Doubrovsky creuse une terrible hantise : celle d’avoir peut-être contribué, par ses livres mêmes, au suicide de sa compagne.

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