Cinéma

février 24, 2011

Le Discours d’un roi, Tom Hooper

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Des rois fous, il y en a eu. Des rois laids, des rois impuissants, des rois consanguins, à la pelle ! Mais un roi bègue, voilà qui est plus surprenant.

George VI, le vieux papa de notre chère Elisabeth en fonction, a trainé ce défaut une grande partie de sa vie. A l’aire de la radio naissante, le roi n’est plus seulement tenu d’apparaître en uniforme sur un beau cheval. Il est désormais la voix du peuple. Une voix qui doit être puissante, autoritaire et rassurante car, portée par les nouvelles ondes, elle entre dans toutes les maisons.

Albert Frédéric Arthur George (1895- 1952) aurait préféré garder ces prénoms à rallonge que prendre la dénomination royale de George VI. Il aurait pu, d’ailleurs, rester Duc D’York puisqu’il n’était que cadet. Et en effet, à la mort du George sénior, c’est son grand frère Edouard qui devint roi.

Mais l’amour joue des tours et Edouard VIII abandonna rapidement le trône pour préférer trôner aux côtés d’une femme qui ne pouvait être reine (eh oui, les femmes divorcées deux fois dans l’Angleterre des années 30, ça passe encore moyennement bien, surtout chez la Royal Family).

L’ainé abdiquant, c’est donc notre cher Albert, surnommé Bébert Bertie, qui est forcé de prendre sa place. Or Bertie a un problème : Bertie ne peut pas parler en public et encore moins à la radio. B…b…Bertie b…b…bégaie.

Oui, Le Discours d’un roi est bien un film sur les difficultés d’énonciations et les leçons d’un orthophoniste pour les surmonter. Un sujet bien difficile à traiter, où on risque de tomber à chaque instant dans le documentaire barbant sur les méthodes de déglutition. Mais cela n’arrive pas et Tom Hooper réussi parfaitement à nous tenir éveillés, malgré deux heures de film.

Bon, il faut le dire, le scénario frôle parfois celui de l’Instit avec un docteur si conciliant et un élève si difficile mais tellement attachant. Le tout plein de bons sentiments et de longs regards tantôt blessés, tantôt reconnaissants. Mais en dehors de ce détail, l’intrigue est plutôt bien ficelée et surtout pleine d’humour, de ce magnifique humour anglais !

Enfin, ce qui achève de sublimer le film, c’est bien sûr le jeu des acteurs. Colin Firth en roi timide et colérique, Geoffrey Rush (le Capitaine Barbossa dans Pirate des Caraïbes), méconnaissable en original, orthophoniste à ses heures et Helena Bonham Carter en femme dévouée mais dégourdie : le trio phare du film est réjouissant d’authenticité.

Je n’ai qu’un (mauvais jeu de) mot à dire : B…b…b…Bravo !


PS : à voir absolument en V.O. !

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