Théâtre

octobre 22, 2013

La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute !

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Desproges à la Comédie-Française : étonnant, non ?

« Non », répond simplement Christian Gonon, sociétaire de ladite Comédie et à l’initiative de ce spectacle. En 2010, c’était une unique représentation, sous forme de carte blanche, dont le succès a conduit à une longue série de prolongations. Cette année, à l’occasion du 25eme anniversaire de la mort de son idole, Gonon remet ça, avec une dizaine de représentations et même une tournée en France. J’appartiens à cette génération qui aime Desproges sans l’avoir connu (mort l’année de ma naissance, nous n’avons partagé que quelques jours). Christian Gonon offre à ses textes, extraits de chroniques radio, une seconde vie, et l’occasion pour nous de voir si nous savons rire de tout.

Christian Gonon
Christian Gonon s’approprie les textes de Pierre Desproges

Anachronique. C’est ce qu’aurait pu être cette adaptation des chroniques radio de Desproges, ancrées dans l’actualité des années 80. Ce n’est pas le cas, grâce aux choix judicieux de Christian Gonon, qui sélectionne les textes les plus drôles et à la fois les thèmes les plus immuables (les enfants, l’amitié, la France, le racisme, la vie et la mort…), contrariétés intemporelles.

Bafouille. Pas une seule de la part du comédien. Une performance. Essayez un peu, vous, de déclamer le plus vite possible sans faire d’erreurs : « Le temps n’a pas tout le temps le temps de prendre à temps le temps de nous laisser le temps de passer le temps… »

Château Figeac 1971. Saint-Emilion. Vin cher à Desproges comme – visiblement – à son successeur. Tellement présent qu’on croit en respirer les arômes. Personnage à part entière de la pièce, c’est avec lui, à lui et grâce à lui que l’on parle.

Décor. Il est spartiate, et tient en trois chaises et quelques accessoires : Une paire de chaussures qu’on lace et délace à loisir et une grosse boite à pharmacie dans laquelle se cache la bouteille mentionnée plus haut, accompagnée d’une carafe à décanter, d’un verre et d’un tire bouchon. Le kit de survie de base.

« Étonnant, non ? ». Aurait pu être le titre du spectacle, en est en tout cas le refrain, répété entre chaque sketch, chuchoté, crié, chanté et dans toutes les langues, même celles qui n’existent pas.

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  • « La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute », textes de Pierre Desproges, mise en scène d’Alain Lenglet et Marc Fayet, avec Christian Gonon. Du 19 au 27 octobre 2013 à Paris, au Studio-théâtre de la Comédie-Française, du 5 au 16 novembre à Villeurbanne au Théâtre National Populaire.
    Le texte du spectacle est publié au Seuil, sous le titre Le doute m’habite.

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