Divers, Théâtre

mai 3, 2012

Danse : « 1980 », une pièce de Pina Bausch

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« 1980 » avait fait sensation au festival d’Avignon lors de sa première représentation en France, en 1981. À Paris, le spectacle n’avait été joué qu’une seule fois, en 1989, au Théâtre de la Ville. Il aura fallu le décès de son auteur, la célèbre chorégraphe allemande Pina Bausch, morte à 68 ans le 30 juin 2009, pour que les pièces les plus anciennes de son répertoire soient de nouveau jouées.

Pour l’occasion, la scène du Théâtre de la Ville à Paris est intégralement recouverte de pelouse véritable, dont l’odeur embaume toute la salle. En guise de décor, une biche empaillée tout au fond de la scène donne un air champêtre et une vieille caméra dans un coin fait office de témoin fatigué. Sur cet espace naturel, les danseurs déambulent pieds nus ou en talons, vêtus des traditionnelles robes de soirées et costumes dont Pina Bausch raffolait.

Composée l’année éponyme, tandis que la chorégraphe venait de perdre son compagnon et scénographe Rolf Borzik, « 1980 » mêle dans une symphonie délirante, les thèmes de l’amour, de l’enfance, de la folie et de la mort avec cette sorte d’ironie mélancolique qui imprégnera ses pièces suivantes.

« Ce morceau de pelouse est large de 16 baisers »

« 1980 » est sans doute l’une des compositions les plus théâtrales de Pina Bausch. Ne pensez pas que vous y verrez de la danse, les trois heures de spectacle en sont quasiment exemptes. Et à la fois, la danse est partout, dans chaque geste, chaque pose, chaque sourire.

Les codes du théâtre sont eux aussi évincés, la pièce se détachant d’un quelconque fil narratif. Sur un fond de classique ou de petits airs jazzy, les numéros se succèdent. Tantôt tableaux figés aux postures incongrues, tantôt véritables saynètes au fil décousu. Les danseurs nous parlent, dialoguent entre eux, se chamaillent, s’aiment et se déchirent, toutes langues confondues.

 

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