Littérature, Reportage

décembre 5, 2011

27e Salon du Livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis

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La première chose que l’on ressent lorsque l’on arrive au Salon du livre et de la presse jeunesse de la Seine-Saint-Denis, c’est une cruelle envie de partir en courant. Comme dans tous les salons, on est immédiatement assailli par un brouhaha infernal qui résonne contre chaque mur de l’immense hall. Pire encore dans notre cas, puisqu’il s’agit d’un Salon destiné à la jeunesse qui ─ on le sait ─ n’est pas la catégorie la plus calme de notre société…

Les cris et les rires fusent, on se croirait à Luna Park et visuellement on n’en est pas bien loin : le regard se perd au milieu des couleurs criardes des affiches et des piles de livres bigarrés. C’est aussi l’avis des intervenants, ainsi Jean-Marie Robillard, auteur pour les éditions du Buveur d’Encre avoue « Je suis un solitaire, habitué au calme. Aujourd’hui je suis un peu déboussolé par toute cette affluence. Personnellement ce n’est pas dans ce genre de lieu que j’aime acheter des livres, je préfère rester fidèle aux librairies. » S’il préfère les petites librairies aux grands salons, l’auteur a également préféré un petit éditeur à un grand : « Je travaille avec le Buveur d’Encre depuis quatre ans maintenant. Avant j’étais chez Flammarion, où j’ai pas mal écrit pour la collection du père Castor, puis chez Milan. Il est vraiment plus agréable de travailler avec un petit éditeur, les rapports sont plus sympathiques et on a une véritable collaboration avec les illustrateurs ce qui n’est pas toujours le cas chez les grands. »

À l’image de Jean-Marie Robillard, il s’agit de donner plus d’attention aux petits qu’aux grands dans ce Salon. Avec un peu de bonne volonté et petit temps d’acclimatation, on découvre alors de véritables perles de l’édition jeunesse. Comme la maison Hongfei Cultures, spécialisée dans l’adaptation pour nos petits Français d’ « histoires de Chine ». Entre la traduction de contes et légendes traditionnels et l’écriture d’histoires dans le respect de l’imaginaire asiatique. Le but est de « proposer aux jeunes lecteurs une expérience sensible de l’Autre » et pour ce faire une attention particulière est portée aux illustrations. Il en résulte des ouvrages intelligents et surtout très beaux.

D’une manière générale, les éditeurs jeunesse travaillent énormément sur l’image et les illustrateurs occupent une place de choix au Salon. L’une plus que tout autre est mise à l’honneur cette année : Emmanuelle Houdart à qui l’on a demandé d’imaginer les costumes d’un défilé sur le thème du cirque. « Le cirque conventionnel m’a toujours ennuyée […] en revanche, j’aime les personnages particuliers du cirque d’antan, où on montrait des phénomènes humains, chargés d’une symbolique puissante, qui disent beaucoup de choses sur la norme et sur la différence », peut-on lire sur la notice de présentation. Les costumes comme les dessins d’Emmanuelle Houdart jouent sur ces différences et bizarreries de la nature : sœurs siamoises, femmes à barbe ou à quatre jambes, hommes-troncs… Malheureusement, il était interdit de photographier les costumes exposés, vous n’avez donc plus cas aller les voir par vous-même !

Saltimbanques, de Marie Desplechin, illustré par Emmanuelle Houdart aux éditions Thierry Magnier

Parmi notre sélection, on notera aussi le stand des Trois Ourses : association d’artistes qui produisent des livres illustrés, destinés à la jeunesse. Danielle Hirsinger, bénévole sur le Salon, nous a parlé de leurs travaux : « Nous sommes une association de la loi 1901, crée il y a 22ans par trois bibliothécaires qui voulaient promouvoir les travaux des illustrateurs pour la jeunesse. Les Trois Ourses, c’est à la fois une maison d’édition, une librairie-galerie, et une association dynamique qui organise des colloques et conférences sur la littérature jeunesse ainsi que des expositions sur différents thèmes. Les créations qui y sont vendues sont au départ des livres d’artistes. Certains sont plus des œuvres que des livres, mais tous sont destinés à la jeunesse. » Sur le stand, de très beaux ouvrages accordent toute son importance à l’image. On joue sur les couleurs et les formes, les illusions d’optique et la matière. On y trouve des livres en anglais et beaucoup en japonais, parfois traduits d’autres fois non. Enfin, quelques livres d’images sont destinés aux non-voyants, offrant des illustrations plus ou moins abstraites, en relief.

Le 27e Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis se déroule à l’espace Paris-Est-Montreuil (métro Robespierre) jusqu’à ce soir, il ne vous reste plus qu’une journée pour y faire un tour !

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